Dix ans de collaboration au service des mineurs les plus vulnérables

25/06/2026
Fedasil Mena

Il y a dix ans, Fedasil concluait une convention avec l’Aide à la Jeunesse (Fédération Wallonie-Bruxelles) et l’agence flamande Opgroeien. Objectif : organiser un accueil adapté pour les mineurs étrangers non accompagnés (Mena) qui, en raison de leur jeune âge ou de leur vulnérabilité, ont besoin d’un soutien plus important qu’un simple placement dans un centre d’accueil classique.

Les conventions conclues avec les deux communautés du pays ont vu le jour à la suite de la crise de l'accueil de 2015, alors que le besoin en places d'accueil supplémentaires était criant. Ces conventions ont créé un cadre formel pour l’accueil des Mena dans des structures d’aide à la jeunesse agréées. Fedasil reste impliqué en tant que responsable du réseau d’accueil et désigne les jeunes vers les places disponibles. L’Aide à la jeunesse assure l’accueil quotidien et l’accompagnement sur le terrain.

Plus petits, plus calmes et davantage d’accompagnement

La collaboration vise en premier lieu les jeunes de moins de 15 ans, les jeunes plus âgés présentant une vulnérabilité particulière et, si nécessaire, les frères et sœurs qui doivent pouvoir rester ensemble. Pour eux, l’accueil n’est pas seulement une question de logement, mais aussi de sécurité, de proximité et d’accompagnement sur mesure.

Hedwige de Biourge, responsable de la cellule Jeunes à Fedasil : « Pour certains jeunes, une place dans une structure collective ne suffit pas. Ils sont très jeunes, ont vécu beaucoup de choses et ont besoin d’un environnement qui ressemble davantage à un cadre de vie ordinaire : plus petit, plus calme et offrant davantage d’accompagnement. »

Les jeunes y bénéficient d'un accompagnement dans leur vie quotidienne, d'un suivi médical et psychosocial, d'un accompagnement juridique et d'une aide dans leur parcours en Belgique. Ces structures font partie du réseau d'accueil de Fedasil : notre Agence se concerte régulièrement avec les partenaires concernés. « La différence réside surtout dans la proximité et la petite échelle. Dans un centre d’aide à la jeunesse, les accompagnateurs sont beaucoup plus proches des jeunes. Cela apporte davantage de structure et de sérénité, mais aussi plus d’opportunités de reconstruire la confiance », explique Ingrid Reumers, chargée de mission à Fedasil. 

Accueil mixte

Cette collaboration a été un processus d’apprentissage pour tous les partenaires. Les organisations d’aide à la jeunesse ont acquis une expertise auprès de jeunes qui présentent souvent des expériences et des vulnérabilités différentes. Dans de nombreux centres, les jeunes sont hébergés dans des groupes de vie séparés, mais certaines organisations s’orientent désormais vers des formes d’accueil plus mixtes. Dans ce cadre, les Mena sont intégrés autant que possible dans des groupes de vie ou des modes d’hébergement existants, aux côtés d’autres jeunes. Ingrid Reumers : « Ce n’est pas toujours facile, mais cela offre des opportunités importantes : les jeunes entrent davantage en contact avec leurs pairs, pratiquent la langue dans un environnement naturel et s’intègrent davantage à la vie quotidienne ordinaire. »

La demande reste énorme

Aujourd’hui, le besoin d’un accueil adapté reste important. Ingrid Reumers : « La demande est supérieure à l’offre disponible. De ce fait, il faut chaque jour faire des choix difficiles et tous les jeunes ne peuvent pas être orientés vers le lieu qui correspond le mieux à leurs besoins. 

Les dix dernières années ont donc clairement montré à quel point la collaboration entre Fedasil et les Communautés est précieuse pour les jeunes qui ont besoin de plus qu’un simple lit. « Le meilleur endroit pour un enfant est idéalement une famille », poursuit Hedwige de Biourge. « Mais lorsque ce n’est pas possible, un groupe de vie restreint offre souvent une bien meilleure solution qu’une grande structure d’accueil collective. Pour de nombreux jeunes, cela fait vraiment la différence. »