Nursing à Fedasil Bovigny : Une bouffée d'oxygène pour les mamans du Centre

13/03/2026
Deux jours d'ateliers nursing

Après une première expérience réussie la semaine dernière, le centre d'accueil Fedasil de Bovigny a renouvelé, ce jeudi 12 mars 2026, son activité de nursing en partenariat avec l'Athénée Royal de Bastogne, sous l’encadrement de Stéphanie Rousseau, professeure de psychopédagogie et de techniques éducatives.

Durant toute la matinée, les résidents ont confié leurs tout-petits, âgés de 0 à 2 ans, aux mains des élèves en nursing. Si l'exercice s’avère pédagogique pour ces élèves, sa réussite repose avant tout sur la relation de confiance qu'il a fallu bâtir avec les parents.
​« La première année, les parents étaient naturellement réticents et restaient dans la salle. Pour cette seconde édition, le changement est notable : ils déposaient leurs enfants et repartaient aussitôt. Ils ont compris que leurs tout-petits étaient en sécurité », explique Stéphanie Rousseau, l’initiatrice de ce projet.

​Sur ce terrain d'apprentissage exceptionnel, les élèves ne dispensent pas seulement des soins ; ils apprennent à regarder l'autre au-delà des préjugés. Ils s'adonnent à créer un sentiment de sécurité, tant chez l'enfant que chez les parents.

Clarisse, élève en 5ème année à l’Athénée Royal de Bastogne, résume avec justesse l'essence de cette matinée :

« C'est une super idée, ça nous donne encore plus d'expérience. Même si les mamans ne comprennent pas toujours le français, le langage non-verbal et les gestes de soin suffisent à les mettre en confiance. Et quand les enfants sentent que leurs mamans ont confiance, ils ne peuvent qu'avoir confiance à leur tour. Il faudrait vraiment mettre plus d'activités comme celle-ci en place. »

​Cette collaboration avec Fedasil Bovigny remplit un double objectif : offrir une autonomie réelle aux étudiants dans leur futur métier et accorder un moment de répit, essentiel et rare, aux mamans du centre. Pour ces mères vivant dans la promiscuité, ces quelques heures "mains libres" sont une ressource inestimable. Dans un environnement où fermer les yeux est parfois un luxe, ce temps leur permet de se réapproprier une forme d'intimité.

​Carine, maman de la petite Daniella, témoigne de l'importance de ce dispositif :
« J’ai eu une vraie bouffée d'oxygène. J'ai pu réaliser certaines tâches ménagères et prendre soin de moi rapidement. Cette initiative permet aussi aux mamans qui manquent de sommeil la nuit, à cause des pleurs de leurs bébés, de se reposer enfin au calme. J’aimerais beaucoup que cela se reproduise deux fois par mois. »

​Malgré la barrière de la langue, la communication s’établit par le geste et le regard, un dialogue non-verbal. Au-delà des techniques de soin, ce projet s'inscrit dans une philosophie citoyenne portée par l’Athénée Royal de Bastogne, dont le but est de confronter les élèves à la réalité des demandeurs d'asile pour déconstruire les clichés.

​En prenant soin de ces nourrissons, les étudiants ne valident pas seulement des compétences techniques ; ils apprennent l’altérité et l’empathie, des piliers essentiels de leur futur métier de soignant. Cette activité s'inscrit dans une démarche citoyenne profonde, dont le but est de transformer les théories apprises en classe en gestes de solidarité humaine.

Tina Meli
Journaliste/RDC