Chaque année, le 8 mars marque la Journée internationale des droits des femmes. Cette journée est l’occasion de rappeler les progrès réalisés en matière d’égalité, mais aussi de souligner les nombreuses inégalités et violences qui persistent encore aujourd’hui dans le monde.
Parmi les femmes concernées par ces réalités figurent également celles qui ont dû quitter leur pays pour demander une protection internationale. Si les conflits armés, les crises politiques ou les persécutions religieuses sont souvent évoqués comme causes de l’exil, la question des droits des femmes constitue également un facteur important dans certains parcours migratoires.
Des femmes sur les routes de l’exil
Selon les statistiques récentes de l’asile en Belgique, près de 35 000 personnes ont introduit une demande de protection internationale en 2025. Parmi elles, environ un tiers sont des femmes. Derrière ces chiffres se trouvent des réalités diverses : certaines fuient la guerre ou l’instabilité politique, d’autres quittent leur pays pour échapper à des violences domestiques, à des mariages forcés, à des persécutions ou à des discriminations liées à leur genre.
Pour certaines femmes, la migration est aussi liée à des pratiques qui portent atteinte à leur intégrité physique ou à leur liberté. En Belgique, on estime par exemple que plus de 90 000 femmes et filles originaires de pays où les mutilations génitales féminines sont pratiquées vivent aujourd’hui sur le territoire, dont plusieurs dizaines de milliers pourraient être directement concernées ou à risque.
Les parcours d’exil des femmes peuvent également être marqués par des violences spécifiques au genre, parfois vécues avant le départ, pendant le trajet migratoire ou dans le pays d’origine.
Des mères en première ligne
Dans les structures d’accueil pour demandeurs de protection internationale, une part importante des résidents vivent en famille avec leurs enfants. De nombreuses femmes sont également des mères seules, qui portent la responsabilité de protéger et d’accompagner leurs enfants dans un contexte d’incertitude.
Au-delà des démarches administratives et juridiques liées à la procédure d’asile, ces femmes doivent souvent reconstruire un quotidien dans un environnement nouveau : apprentissage de la langue, accès aux soins, scolarisation des enfants, adaptation à une société et à des codes culturels différents.
Dans les centres d’accueil, les équipes pluridisciplinaires travaillent notamment à accompagner ces femmes dans leur parcours, à favoriser leur autonomie et à créer des espaces de soutien et de dialogue.
Une réalité également présente à Spa
Au centre d’accueil Fedasil de Spa, comme dans de nombreuses structures en Belgique, les femmes représentent une part importante des résidents. Certaines vivent en famille, d’autres élèvent seules leurs enfants. Toutes ont en commun d’avoir entrepris un parcours souvent difficile dans l’espoir de trouver un environnement plus sûr et plus respectueux de leurs droits.
Au quotidien, les équipes du centre accompagnent ces femmes dans différents aspects de la vie : suivi administratif, accès aux soins de santé, accompagnement social, activités collectives ou encore initiatives favorisant les échanges et la participation.
Cet accompagnement se construit également en collaboration avec plusieurs associations spécialisées dans les droits et l’accompagnement des femmes. Parmi elles, Soralia intervient notamment autour d’ateliers d’émancipation, de santé et de citoyenneté. Le centre collabore également avec GAMS Belgique, engagé dans la prévention et la sensibilisation aux mutilations génitales féminines.
D’autres partenaires, tels que le CVFE (Collectif contre les Violences Familiales et l’Exclusion) ou encore la Maison des Femmes de Liège et de Herstal (MFVLH), apportent leur expertise sur les questions de violences conjugales, intrafamiliales ou liées à l’honneur.
Ces collaborations permettent d’offrir un accompagnement plus adapté aux réalités vécues par certaines femmes en parcours d’exil, tout en créant des espaces d’information, de dialogue et de prévention.
Une journée pour rappeler l’universalité des droits
La Journée internationale des droits des femmes rappelle que l’égalité et le respect des droits fondamentaux restent des enjeux universels. Pour de nombreuses femmes à travers le monde, ces droits demeurent fragiles ou insuffisamment garantis.
Dans ce contexte, les parcours des femmes réfugiées ou demandeuses de protection internationale témoignent à la fois des difficultés rencontrées mais aussi d’une grande capacité de résilience.
Le 8 mars est ainsi l’occasion de rappeler que la défense des droits des femmes dépasse les frontières et concerne l’ensemble de nos sociétés.
Sources
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Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) – Statistiques sur les demandes de protection internationale en Belgique
https://www.cgrs.be -
Fedasil – Informations sur le profil des demandeurs de protection internationale et le fonctionnement du réseau d’accueil
https://www.fedasil.be -
UNHCR Belgique – Aperçu statistique des personnes en quête de protection internationale
https://www.unhcr.org/be -
Institut pour l’égalité des femmes et des hommes – Étude sur la prévalence des mutilations génitales féminines en Belgique
https://igvm-iefh.belgium.be