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Lumière sur le Refuge

26/12/2022
"Offrir une rencontre à travers l’image, faire tomber les jugements à travers le regard" tel fut la quête de la cinéaste-photographe Clara Farhat lors de son passage au Refuge.

Le soleil surplombe le Tuquet. Le vent lui fait place en chassant les cotons célestes, habituels locataires du coin. Sa lumière se fraie alors un chemin, comme captée par les regards qui ornent aujourd’hui les grilles du Refuge. Parmi eux, s’est invité celui de Clara Farhat. Doux et fier, à raison. 

Sa place est ici. Entre douceur et intensité. Entre splendeur et humanité. Car ces portraits, elle en est le déclencheur, la mise au point et la résolution. Son objectif a pu saisir l’essence même des sujets. Chamarrés alors que noir et blanc, sa caméra est allée puiser la quintessence des résident.es du Centre. 

La genèse du projet 

La migration est généralement abordée dans le débat public comme une problématique à résoudre, à organiser. On parle de flux de réfugié.es, de vagues migratoires, de crise : autant de termes qui offrent à voir une perception abstraite et négative d’autres êtres humains. Une forme de déshumanisation constante et répétée de personnes réduites à leur simple identité administrative qu’ils n’ont ni souhaitée, ni choisie. L’idée de ce projet était dès lors de les rendre visibles, de leur rendre cette humanité que certains tentent de leur enlever, de leur rendre leur lumière que d’autres tentent d’éteindre. Leur dire que chacun.e d’entre eux.elles compte à nos yeux. Et autant que quiconque nous détaille Clara. Et dans un second temps, accrocher - fièrement - leurs portraits sur les grilles du Refuge était un message d’amour et de lumière vers l’extérieur tout en réduisant celle qui émanait du réfectoire - pour améliorer la qualité de vie des voisin.es concerné.es - précise la direction du Centre.

Mise en chair 

Les émotions sont la base de toute connexion. Elles seules peuvent nous permettre d’aller au-delà de tout présupposé culturel, social, administratif ou autre. Afin de pouvoir les saisir, Clara se devait de s’imprégner du lieu mais surtout des gens. Il ne s’agissait pas d’un shooting photo. Ce n’était pas un rapport “classique” entre une photographe et un modèle. Au contraire, l’idée était de capter des moments suspendus, des moments hors du temps, hors de la maîtrise de soi. Et pour ce faire, je me suis rendue une dizaine de fois au Refuge, je ressentais le besoin de les rencontrer personnellement - dans la mesure du possible - de pouvoir créer du lien, un lien avec chacun d’entre eux.elles et les médiateur.rices du Centre m’ont beaucoup aidée pour y arriver. Pour me mettre à l’aise, pour les mettre à l’aise. 

Une expérience inoubliable

J’ai vécu des moments formidables. Bien qu’ils furent souvent trop courts à mon goût, leur intensité, leur profondeur m’ont marqués. Mon but était d’immortaliser un moment à eux.elles, qu’ils.elles puissent modifier, non pas les jugements externes, mais ceux qu’ils portent sur eux.elles-mêmes. C’était magique. Littéralement. La plupart des participant.es étaient surpris.es de se voir, de se trouver beaux.belles, captivant.es, sagaces alors que je ne faisais que leur montrer leur propre reflet. Celui que moi je percevais. Ce fut une expérience d’une intensité folle, aussi bien en termes d’émotions, de rencontres, que de perspectives artistiques. 

  • Le Refuge et toutes les âmes qui l'animent tiennent à remercier Clara pour tous ces moments hors du temps, pour tous ces sourires gravés, pour toutes ces personnes révélées, pour cette fierté rendue et pour tout cet amour immortalisé.