De Gaza à Gand : le parcours d'Hesham

  • Hesham, palestinien
  • Ancien résident d'un centre devenu locataire d'un studio

« Dans mon studio, j'ai retrouvé le calme et mon indépendance d'avant quand j'étais journaliste dans mon pays d'origine. »

 

Ancien journaliste passionné de 39 ans, Hesham a fui la Palestine pour refaire sa vie en Belgique. Locataire d’un appartement aujourd’hui, il nous partage son parcours pour y arriver.

 

Comment s’est passée ton arrivée en Belgique ?
"Après avoir tout perdu à Gaza, j’ai décidé de venir en Belgique. Hébergé d’abord par un ami à Bruges, j’ai ensuite obtenu une place temporaire à Bruxelles, puis au centre d’accueil de Gand. Neuf mois plus tard, en 2024, ma demande de protection internationale a été acceptée.
J’ai alors loué un premier studio à Gand que j’aimais beaucoup, mais le propriétaire m’a rapidement demandé de partir pour le transformer en logement étudiant. Heureusement, j’ai pu trouver un autre studio par la suite."

Était-ce facile de trouver un logement ? 
"Trouver un logement est très difficile, il y a beaucoup de préjugés sur nous et peu d’aide. Le fait de travailler et d’avoir un contrat m’a beaucoup aidé heureusement. On peut aussi payer quelqu’un pour trouver un studio, c’est cher et compliqué mais souvent, nous n’avons pas le choix. C’est d’ailleurs de cette façon que j’ai eu mon premier logement."

Des conseils pour d’autres personnes en recherche de logement ? 
"Outre le fait d’avoir un travail (si vous le pouvez, demandez une lettre de recommandation de votre employeur, elle crédibilise vos revenus et aide à gagner la confiance du propriétaire), la maîtrise des langues est un réel atout pour pouvoir parler directement aux propriétaires et leur expliquer la situation.

Je conseille aussi d’utiliser les sites immobiliers intelligemment : privilégiez les offres où vous pouvez contacter directement le propriétaire sans passer par une agence, qui font souvent une pré-sélection, et qui peuvent rapidement vous écarter." 

Qu’apprécies-tu dans le fait de vivre seul ?
"Après avoir quitté le centre d’accueil, on peut se sentir isolé. Mais la vie dans un centre est loin d’être facile : manque de vie privée, nuisance sonore la nuit, risque de vols... Dans mon studio, j’ai retrouvé le calme et mon indépendance d’avant quand j’étais journaliste dans mon pays d’origine."

Quels sont tes projets pour l’avenir ?
"Je rêve de pouvoir utiliser mes compétences pour travailler comme journaliste à nouveau. À Gaza, j’étais enseignant en journalisme et médias sociaux, et je pouvais contribuer pleinement. Aujourd’hui, mon travail logistique me permet de me vivre, mais je ne me sens pas aussi utile.
A côté, je souhaite m’intégrer d’autant plus en Belgique. Pour cela, je continue d’améliorer mon néerlandais et je fais du bénévolat à Gand par exemple."